Vue d’ensemble


          

 
 
 

LE CALVADOS, SON HISTOIRE

Né en 1790 comme les autres départements français, le Calvados est issu du démembrement de l’ancienne province de Normandie en cinq nouvelles entités territoriales. Même s’il a acquis depuis cohérence et personnalité, il est alors le plus composite des départements normands : les trois généralités d’Ancien Régime : Rouen, Caen et Alençon, en ont fourni chacune un morceau, artificiellement regroupés. A noter pourtant qu’on y retrouve presque sans changement les anciens diocèses de Bayeux et de Lisieux, qui fusionneront définitivement sous Napoléon Ier.

Le Calvados est sans doute celui des départements français qui a le nom le plus original. Alors que tous (ou presque) portent des noms de rivières ou de fleuves, de montagnes, ou de mers, le « Calvados » reçoit celui de modestes rochers situés au large d’Asnelles, sur lesquels se serait échoué en 1588 un vaisseau espagnol de l’Invincible Armada, nommé le San Salvador. On doit cette originalité à un député normand effrayé par l’appellation qui semblait devoir l’emporter : Basse-Orne, et qui sut faire rêver avec ce vaisseau fracassé sur nos côtes ! Même s’il avait dû d’abord étonner les habitants du nouveau département, ce nom de Calvados est très vite devenu populaire, au point de baptiser désormais ce qu’on appelait auparavant « l’eau-de-vie de cidre », universellement devenue le « calvados » !

Le Calvados comprend des paysages très divers, même s’ils partagent un goût commun pour une température tempérée, une certaine humidité, et une dominante de couleur verte. Le Pays d’Auge, avec ses maisons à colombages et ses toits de chaume, au milieu de vergers de pommiers, est un peu la Normandie telle que la voient les cartes postales et les clichés qu’elles véhiculent. La Normandie « des boites de camembert » ! Mais le Bessin, avec ses fermes-manoirs entourées de hauts murs de pierre n’est pas sans charme même s’il est plus secret. Le Bocage virois, avec ses fermes de granite et de schiste, et ses cours de ferme où l’herbe va jusqu’à la porte de l’habitation, est tout aussi riant. Les campagnes de Caen et de Falaise, plus céréalières, offrent certains mois des couleurs magnifiques de lin ou de colza. Et le Calvados possède même ses « montagnes », avec ce que l’on a baptisé « la Suisse normande » : alpinisme et escalades y sont pratiqués sur les hauteurs tandis que canoë et plaisirs de l’eau animent le cours de l’Orne.

Et comment omettre le littoral, toutes ces côtes qui baignent le nord du département, et  qui, par leur diversité, offrent à chacun des possibilités de loisirs et d’agrément ? Honfleur, Deauville-Trouville et la Côte Fleurie (le XXIe arrondissement de Paris !) ; Ouistreham et ses ferries pour l’Angleterre ; la Côte de Nacre et ses stations familiales ; le Bessin et ses sites historiques, ses falaises et ses plages « aux sables d’or ».

Caen, chef-lieu et ville principale du Calvados, domine par son importance ce département largement rural. Une grande ombre la recouvre : celle de Guillaume le Conquérant, le plus célèbre des Normands, qui l’a pratiquement fondée au XIe siècle. Aujourd’hui encore, les trois « bourgs » qu’il y créa avec son épouse Mathilde : le château, l’abbaye-aux-Hommes, l’abbaye-aux-Dames, sont autant de monuments que les guerres ont épargnés, et qui lient intimement les habitants d’aujourd’hui à leurs lointaines origines. L’ombre de Guillaume plane aussi sur Falaise et son beau château où il est né. Ainsi que sur Bayeux, dont la célèbre tapisserie, dite abusivement de la reine Mathilde, raconte au travers d’une véritable œuvre d’art ce que fut la conquête de l’Angleterre en 1066.

A deux reprises, le Calvados a fait irruption dans la « grande » histoire. De façon toujours déterminante.

En 1450, c’est à Formigny, près de Trévières et de Bayeux, que les troupes françaises de Charles VII battent sévèrement les Anglais, qui occupaient toute la Normandie depuis 1417-1418. Bataille décisive ! Dans les semaines qui suivent, les Anglais perdent leurs dernières places et doivent se rembarquer : c’est la fin de la guerre de Cent Ans !

En 1944, épisode plus mémorable encore, c’est sur la côte du Calvados qu’ont lieu les débarquements alliés (Utah excepté) qui marquent le début de la libération de la France et de l’Europe. De nombreux cimetières (dont celui de Colleville-sur-mer), de nombreux musées (dont le remarquable Mémorial pour la paix de Caen, et, depuis peu, le beau musée de Falaise consacré aux civils dans la bataille) entretiennent le souvenir d’événements que les Normands et les Calvadosiens protègent pieusement.

Département hautement touristique grâce à ces côtes et stations balnéaires, à ce tourisme de la mémoire de 1944, au tourisme de pèlerinage avec Lisieux et le culte de sainte Thérèse, le Calvados est vraiment un département aux multiples facettes, dont chacune mérite qu’on s’y attarde. Détail révélateur : malgré les destructions de 1944, les châteaux, manoirs, sites remarquables y sont si nombreux qu’ils en font l’un des départements français les plus riches en lieux classés ou inscrits à l’inventaire des monuments historiques !

                     

Découverte du Calvados

 
     

Président(e) de la section

Dr Michel COURS-MACH